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Vin ou saké : deux boissons, deux mondes, deux façons de vivre la dégustation

Vin ou saké : deux boissons, deux mondes, deux façons de vivre la dégustation

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Une confusion tenace : le saké, « le vin de riz » ?

Combien de fois avez-vous entendu parler du saké comme du « vin de riz japonais » ? Cette expression, bien qu'utile pour se repérer, est en réalité trompeuse. Le vin et le saké partagent certes un point commun : ce sont deux boissons alcoolisées issues d'un processus de fermentation, appréciées pour leur complexité aromatique et leur capacité à accompagner un repas. Mais au-delà de cette ressemblance de surface, leurs modes de fabrication, leurs matières premières, leurs degrés d'alcool et même leur façon d'être dégustés n'ont, en réalité, presque rien à voir.

Une matière première radicalement différente

La première grande différence se joue dès la matière première. Le vin est produit à partir de raisin, un fruit qui contient naturellement du sucre. La fermentation alcoolique transforme directement ce sucre en alcool grâce à l'action des levures : c'est un processus relativement simple, en une seule étape.

Le saké, lui, est fabriqué à partir de riz, une céréale qui ne contient pas de sucre naturel mais de l'amidon. Il faut donc, avant toute fermentation, transformer cet amidon en sucre grâce à un champignon microscopique appelé kōji. Ce n'est qu'une fois cette étape de saccharification réalisée que les levures peuvent entrer en jeu pour produire l'alcool. Fait unique dans le monde des boissons fermentées : au Japon, ces deux étapes (saccharification et fermentation alcoolique) se déroulent simultanément, dans la même cuve, un procédé appelé « fermentation multiple parallèle ». C'est une prouesse technique que l'on ne retrouve dans aucun autre alcool fermenté au monde.

Des degrés d'alcool et des profils aromatiques distincts

Le vin titre généralement entre 11 et 15 degrés d'alcool, selon les cépages et les régions. Le saké, quant à lui, présente naturellement un degré plus élevé, souvent situé entre 15 et 17 degrés avant dilution, ce qui le rapproche presque d'un vin fortifié en termes de puissance. La plupart des producteurs le diluent ensuite légèrement à l'eau pour obtenir un degré final plus proche de 14 à 16 degrés.

Côté arômes, le vin exprime la richesse du terroir et du cépage : notes de fruits rouges, d'épices, de bois selon l'élevage. Le saké, lui, développe des arômes très différents : notes de riz cuit, de fleurs blanches, de fruits exotiques légers, de levure ou encore de notes lactées selon le type de saké. Un junmai sera plus rond et umami, tandis qu'un ginjo développera des arômes floraux et fruités beaucoup plus délicats, grâce à un polissage du riz plus poussé.

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Le rôle du terroir : essentiel pour le vin, secondaire pour le saké

Dans le monde du vin, le terroir est central : sol, climat, exposition et cépage définissent l'identité d'une bouteille. Pour le saké, si la qualité de l'eau et du riz utilisé joue un rôle important, c'est avant tout le savoir-faire du maître brasseur, le « toji », qui façonne le style d'un saké. Deux brasseries situées dans la même région peuvent ainsi produire des sakés radicalement différents selon leurs techniques de polissage du riz, de fermentation et d'assemblage.

Une culture de dégustation différente

Autre différence marquante : la température de service. Le vin se déguste presque toujours frais ou à température ambiante selon sa couleur, rarement chaud. Le saké, en revanche, peut se déguster à des températures très variées : bien frais autour de 5-10°C pour révéler la finesse d'un ginjo, à température ambiante, ou même chaud (kanzake) autour de 40-50°C pour les sakés plus corsés et umami, notamment en hiver. Cette flexibilité de service n'existe quasiment pas dans le monde du vin et fait partie intégrante du plaisir de déguster un saké selon les saisons et les plats.

Vin et saké à table : deux logiques d'accord différentes

Le vin est traditionnellement associé à des accords classiques : un rouge avec une viande rouge, un blanc avec un poisson. Le saké, grâce à sa faible acidité et à l'absence quasi totale de tanins, s'accorde en réalité avec une très large palette de plats, bien au-delà de la seule cuisine japonaise : fromages, charcuterie, cuisine épicée ou même desserts. C'est d'ailleurs l'une des raisons pour lesquelles de plus en plus de sommeliers en France intègrent aujourd'hui le saké dans leurs accords mets-boissons, y compris dans une cuisine occidentale.

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Pourquoi ces différences méritent d'être connues

Comprendre les différences entre le vin et le saké permet de mieux apprécier chacune de ces boissons pour ce qu'elle est, plutôt que de chercher à les comparer terme à terme. Le saké n'est pas un « vin japonais » : c'est une boisson à part entière, avec sa propre histoire, sa propre technique de fabrication et sa propre culture de dégustation, tout aussi riche et subtile que celle du vin.

Où découvrir et déguster de vrais sakés ?

Pour explorer ces différences par vous-même, rien de tel que la dégustation. Vous retrouverez une sélection de sakés authentiques directement dans notre rayon dédié au saké. Ces produits sont disponibles à Toulouse, en click and collect, ou livrés partout en France. Et n'hésitez pas à rester connecté à nos réseaux pour ne rater aucune de nos prochaines dégustations !

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